Senses

Spectacle d’improvisation théâtrale

Durée : 1h

Synopsis :

Senses est une spectacle où le public est invité à toucher l’instant, sentir le moment, goûter à l’expérience et surtout entendre tout se jouer autour de lui.

Il n’y a qu’un seul interdit : voir ce qui est en train de se passer.

Vous aurez l’occasion de vivre trois expériences d’une vingtaine de minutes, expériences menées d’une main de maître par nos ‘Sensorielle’ du soir !

Fermez les yeux, écoutez et laissez vous emporter dans l’aventure !

Êtes vous prêt à partager tous ensemble l’expérience ‘Senses’ ?


Par Quentin Godon

Le 26 février, les Impropotames font leur show !


Pour ce mois de février, les Impropotames ont décidé de vous gâter. Non pas avec un spectacle, mais deux !

26 Février 2022 à 20h30

Amphithéâtre de l’Oscar


Dans la vie de…

Synopsis :

Des personnages raconteront une histoire choisie par le public ( un évènement particulier de leur vie) mais est ce que leurs émotions ne vont pas faire évoluer cette histoire à leur manière.


Secret

Synopsis :

Une soirée entre pote, tout ce qu’il y a de plus ordinaire.

Tout le monde est content et ravi d’être là. Sauf que… L’un d’entre eux porte un secret donné par le public.

Saura t’il le conserver jusqu’au bout ?


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Réservation et port du masque obligatoire

Réservation également possible en téléphonant au : 04.50.01.08.90

Tarifs 2021-2022

Description
Entrée adulte5€
Entrée enfant-12 ans3€

Le 22 janvier, les impropotames font leur cinéma


Les Impropotames font leur cinéma

22 janvier à 20h30

Amphithéâtre de l’Oscar

Synopsis :

Voilà une soirée exceptionnelle qui se prépare.

Les impropotames ont décidé de mettre le cinéma à l’honneur et, pas n’importe comment.

Avec l’aide du public, les impropotames devront revisiter les plus grands classiques du cinéma et ce : à leur manière.

Titanic, le seigneur des anneaux, mais qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu, coup de foudre à Nothing Hill, Shining… Absolument tout pourra y passer !

Du film à l’eau de rose au thriller angoissant, ils sont prêt à tout.

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Les impropotames présentent : les petits et grands contes de Noël


Les grand contes improvisés

18 décembre à 20h30

Amphithéâtre de l’Oscar

Synopsis :

Les trois petits cochons… Blanche neige et les sept nains… Jack et le haricot magique…

Tant d’histoires qui ont bercés notre enfance. Vous connaissez certainement les versions de Disney ou encore des frères Grimm, mais êtes vous prêts à connaitre celle des Impropotames ?

Il y a peut-être des choses que vous ne saviez pas sur ces histoires pourtant célèbres.

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Les petits contes de Noël

19 décembre à 17h30

Amphithéâtre de l’Oscar

Synopsis :

Quoi de mieux pour se préparer aux fêtes de fin d’année que de s’imprégner de l’ambiance de Noël autour d’un spectacle Impropotames ? Et bien rien à vrai dire !

Cette année, Les impropotames reviennent avec les traditionnels Petits contes de Noël !

Le principe est simple : trois contes, trois conteurs et trois univers.

Un spectacle ouvert à toute la famille ! L’endroit parfait pour préparer son réveillon en prenant un grand bol de rire et de rêve !

N’attendez plus pour réserver !

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Le 28 novembre, FPTR revient pour une 5ème édition

Amphithéâtre de l’OSCAR

28 novembre 2021 à 17h00


Ils sont de retour.. Après des mois d’absence, Dj QG et Big MC vont de nouveau enflammer les planches de l’OSCAR.

Retrouver le gros son FPTR avec les voix de la team Imrpopotames, les corps de la crew Impel Down et les beats de la V’TEAM.

Slam, lyrics, Danse Hip-hop et compo musicale , tout sera improvisé en direct sous vos yeux. Êtes-vous prêt pour l’expérience FPTR ?

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Tarifs 2021-2022

Description
Entrée adulte5€
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Les Impropotames accueillent les Zimprocibles (Belgique) pour fêter Halloween


En cette année toute particulière, les Impropotames ont décidé de ne pas se laisser abattre et de fêter le week-end d’halloween. Non pas avec un spectacle, mais deux !

Êtes vous prêt ?


Match d’improvisation : Impropotames vs Zimprocibles

30 Octobre 2021 à 20h30

Amphithéâtre de l’Oscar

Synopsis :

C’est désormais le RDV incontournable des fêtes d’Halloween, le match avec nos amis belges : les Zimprocibles !

Cela fait désormais plus de 10 ans que nos deux troupes honorent chaque année ce RDV. Et ça ne s’arrêtera pas !

Deux équipes, un maitre de cérémonie, un arbitre, des thèmes, des catégories et une incroyable énergie vous attendront !

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Epitaphs

31 Octobre 2021 à 20h30

Amphithéâtre de l’Oscar

Synopsis :

Pour Halloween, les impropotames et les Zimprocibles rendront hommage aux morts en jouant le vivant.

‘Je t’avais dis que j’étais malade’

‘J’aurai préféré une pyramide’

‘Va t’en, je dors’

Tant d’épitaphes qui donnent envie de connaitre leurs malheureux propriétaires.

Venez les découvrir avec nous par le biais de tranches de vie, toutes plus croquantes les unes que les autres.

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Tarifs 2021-2022

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Entrée adulte5€
Entrée enfant-12 ans3€

Le 25 septembre, les jeux improlympiques des Impropotames commencent !

Amphithéâtre de l’OSCAR

25 septembre 2021 à 20h30

Cabaret d’improvisation


Après les applaudissements, les éclats de joie des jeux olympiques, les Impropotames vous proposent, pour prolonger cette ambiance, une grande farce athlétique et parodique.

Au programme épreuves à surmonter, médailles à décerner, éclats de rires… Sous l’œil imperturbable de l’arbitre, sauront-ils surmonter l’impossible ?


Venez soutenir vos champions favoris  !!!

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Pass sanitaire et masque obligatoire
Buvette à l’accueil

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Tarifs 2021-2022

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Entrée adulte5€
Entrée enfant-12 ans3€

Les brouillards de Londres – e10

Très cher Gordon, 

Une lettre d’aveux est toujours terrible à écrire, mais je m’aperçois qu’elle ne l’est jamais autant que lorsqu’elle est destinée à une personne aussi intègre et respectable que vous.  

La bonne nouvelle, c’est que le meurtrier de Lord Mortimer a été arrêté. Salazar Sora est un homme d’une froideur sans égal et son seul regard suffit à vous statufier sur-le-champ. Avec l’aide du très connu Leonardo Canal, chef militaire redoutable, il mène effectivement une guerre sans merci en Colombie dans l’intention de renverser le pouvoir en place. L’inspecteur Sherzey a largement sous-évalué la dangerosité de ce personnage lorsqu’il a décidé de se faire le témoin passif de ses agissements, et même de lui faciliter la tâche depuis les coulisses…

Oui, Gordon. Comme vous l’avez parfaitement supposé dans votre précédente lettre, les enjeux géopolitiques et économiques de cette guerre civile colombienne sont tels que nos plus hauts référents y sont fatalement impliqués. 

C’est la raison pour laquelle l’inspecteur principal Sherzey gardait un œil très conciliant sur le trafic de Salazar et ces départs récurrents de cargos chargés d’armes depuis le Port de Grimsby.

En tout cas, jusqu’à ce que cette affaire dérape. 

Tout a commencé avec le meurtre de Lord Mathew Mortimer. Le 18 novembre dernier, Sherzey a compris que la situation lui échappait totalement et que Salazar Sora devenait hors de contrôle. Il avait besoin de faire arrêter Salazar coûte que coûte avant qu’il ne commette d’autres assassinats, tout en s’assurant que sa participation indirecte à la vente d’armes anglaises ne soit pas révélée au grand jour. Vous comprenez, nous combattons contre un ennemi infiniment plus puissant qu’un guerrier colombien : le pouvoir de la couronne d’Angleterre. 

Sherzey se trouvait face à un exercice éminemment périlleux et délicat : d’un côté, il devait garder la confiance de Salazar, et de l’autre, s’associer aux meilleurs enquêteurs pour le coincer.  

Evidemment, il a immédiatement pensé à vous : Gordon Smith.

Mais en vous mettant sur l’affaire, Sherzey savait qu’il ne serait qu’une question de temps avant que vous ne vous lanciez sur la piste d’un informateur à Scotland Yard… Votre réputation vous précède, dans la police. Il lui fallait donc s’assurer de ne pas être démasqué, afin de pouvoir mettre la main sur Salazar rapidement et avec efficacité.

Alors, il est venu me trouver. Evidemment, j’étais une alliée de choix : fille d’un haut-commissaire britannique, sœur d’un grand idiot qui s’est trouvé l’objet des velléités sanguinaires de Salazar. Le contrat était simple : je devais vous aider à trouver celui qui menaçait mon frère et auteur du meurtre de Lord Mortimer, tout en retardant vos soupçons à l’égard d’un quelconque informateur. 

Je n’ai pas pu refuser. Je suis désolée, Gordon. Il fallait que vous gardiez toute confiance en Sherzey, et que Salazar Sora le croie son allié.  

En revanche, Sherzey s’est habilement gardé de me parler du projet d’armement. En un sens, il s’est aussi joué de moi.  

Croyez-moi, Gordon. J’ignorais tout du reste… Les armes, le projet funeste, l’implication de la couronne… J’ai tout découvert en même temps que vous. Seulement, quand j’ai compris quel était le véritable enjeu de cette mission secrète, d’ampleur politique, je ne pouvais rien dire.  

J’espère que vous saurez me pardonner.

Vous aurez sans doute remarqué que mes lettres ne comportent plus d’erreurs de frappe. Non pas que j’aie changé de machine à écrire. J’ai fait plus. J’ai préféré quitter l’Angleterre pour rejoindre mon frère sur le continent, où nous avons décidé de reprendre le cours de nos vies en restant cachés quelques temps.

Quant au collier par lequel tout a commencé, son histoire prend fin à mes côtés. Je le considère comme une rétribution en échange de ce jeu affreux auquel nous avons été contraints de participer. Il sera pour mon frère l’opportunité de bénéficier d’une seconde chance pour panser les morsures de sa vie.

Ainsi s’achève notre mission, Gordon.

Puissiez-vous vous réjouir de savoir que Salazar Sora est enfin arrêté et hors de nuire.  

Pour le reste, mon ami, c’est une affaire qui nous dépasse… Voici comment l’opulence d’une société profite à la destruction aux dépens de ceux qui la financent… Ou comment le bonheur des uns irrigue le malheur des autres.

Souhaitons que dans l’avenir l’humanité s’élève contre la barbarie sous toutes ses formes, et que chacun puisse trouver en son cœur la force d’être bon.

Je dois vous quitter, mon gâteau à la carotte est prêt. Les doux effluves de son parfum caressent déjà mes papilles avec finesse, à l’instar des premiers rayons de soleil sur les feuilles d’un arbre.

Adieu, mon cher ami, et merci pour cette aventure.

Elena.

Les brouillards de Londres – e09

Grimsby 4 janvier 1878

Miss May.

Je suis actuellement au Port de Grimsby. Après votre dernière lettre, j’ai remonté la piste colombienne. En interrogeant notre dernier prisonnier sur le sujet, nous avons appris que des courriers étaient régulièrement envoyés vers le Port de Grimsby.

Je m’y suis rendu. Je suis tout de suite allé à la capitainerie pour lister l’ensemble des cargos en provenance ou en partance pour la Colombie. Par chance un cargo s’apprêtait à quitter le port. Avec l’autorisation du commissaire Brandley ainsi qu’avec l’assistance du service des douanes le navire à été arraisonné.

Ce que nous y avons découvert été des plus surprenants. Une cargaison entière de fusils et d’arme de guerre en tout genre. Tout ceci habilement caché dans une cargaison de laine et de pièce de mécanique. Nous avons interrogé le capitaine et l’ensemble de l’équipage. Les armes étaient destinées à la guerre civile colombienne et plus exactement pour équiper les troupes du général Léonardo canal, un des chefs de l’opposition au gouvernement colombien. S. Volaient des bijoux à la noblesse britannique pour financer la guerre civile colombienne tout en prenant sa part au passage.

Mais coup de théâtre, lors de notre interrogatoire nous avons reçu la visite d’un attaché au ministère des armées et de la police. Ses ordres étaient clairs. Il fallait libérer tout le monde et faire comme si nous n’avions rien vu. Nous avons parlementé et il m’informa à demi mots que la couronne soutenait officieusement la révolution colombienne pour ses intérêts géopolitiques. De plus, l’industrie de l’armement britannique ne pouvait pas se permettre d’annuler de tels contrats. J’ai parlé de S et des vols de bijoux parmi la noblesse. Même si j’ai reçu l’ordre d’arrêter S pour stopper les vols, en aucune manière je ne devais interrompre l’envoi d’arme vers la Colombie.

Malgré tout j’ai réussi à obtenir un délai afin de terminer l’interrogatoire, car je devais découvrir un autre secret. Un secret qui vous concerne personnellement Miss May. Dans une cabine un marin avait une lettre en espagnol dont l’écriture ne m’était pas inconnue. Celle de S . Je ne maîtrise pas l’espagnol, mais il fut facile de reconnaître le nom de Robin May. Après traduction auprès d’un interprète de la police. Cette lettre demandait à son destinataire d’assassiner votre frère, celui-ci devait se trouver dans une petite ferme dans le sud du pays. Près d’un petit village nommé Clayton à quelques miles au nord de Brighton. J’ai donc interrogé l’homme qui ne fut pas très docile. Au final j’ai appris qu’il avait été sur place, mais que votre frère avait déjà pris la fuite. Il aurait embarqué pour le continent dernièrement. J’ai envoyé un télégramme à la capitainerie de Brighton. J’ai demandé qu’il vous envoie également la réponse.

Au petit matin, l’équipage fut libéré et le cargo a quitté le port sous l’oeil satisfait de l’attaché ministériel. En vous écrivant cette lettre, et en voue révélant les faits, j’enfreins un ordre direct du ministère, mais je ne suis plus à ça prêt tant cette affaire dépasse toutes les règles jusqu’au sommet de l’état.

Vous aviez raison, c’est un sinistre projet pour l‘année 1878. Notre nation soutient une guerre.

Mais pour en revenir à ce qui notre affaire de collier.

J’ai eu également la nouvelle concernant le décès de Henry Brown. Ceci confirme une fois de plus Traitrise au sein de Scotland Yard.

J’ai d’ailleurs trouvé un moyen efficace de trouver la taupe au sein de Scotland Yard. Il n’y a que trois personnes qui auraient été capables d’informé S de mes agissements ainsi que de suivre nos lettres.

John Stevensen le responsable des communications de Scotland Yard, qui sait qui va ou et quand en temps réel.

Edwin Maxwell l’adjudant en chef qui connaît parfaitement la maison et les agissements de chacun, car il gère les plannings des agents et les ressources allouées à chacun . C’est le plus ancien sous-officier de Scotland Yard il a des connaissances dans les milieux de la pègre et avec les années il a du franchir la ligne plusieurs fois sans que cela ne lui soit jamais reproché au vu de ses états de services.

Et enfin l’inspecteur principal Sherzey lui-même. Cette idée me semble incongrue voir stupide, mais il faut avouer qu’il fait partie des suspects potentiels, car il il savait ou j’allais, il avait des copies de mes rapports et est largement en mesure de faire espionner telle ou telle personne. Cependant je refuse de croire qu’une personne si haut placée et avec un professionnalisme sans faille puisse être impliquée dans cette affaire. Mais mon honnêteté intellectuelle m’oblige à n’écarter aucune piste.

Je vais donc envoyer trois informations différentes à ces trois personnes. Je les informerais que vous avez caché le collier de Lady Mortimer dans un endroit secret afin que S. ne le retrouve pas. Mais chacun aura une information différente.

Ceci pour plusieurs raisons. Premièrement cela évitera que S s’en prenne à vous ou à lady Mortimer. Notre homme étant dans la nature et son objectif étant de récupérer ce collier il est fort probable qu’il entreprenne des actions malveillantes à votre égard pour récupérer ce qu’il pense être son dû.

Ensuite cela permettra de trouver la taupe.

À Stevensen je ferais parvenir un télégramme à un agent de confiance expliquant que le collier se trouve dans la consigne numéro 24 à la gare de London Victoria. L’agent de service des consignes est une personne qui me doit un service il m’informera si quelqu’un souhaite ouvrir cette consigne ou si elle a été forcée.

À Maxwell je ferais passer l’information via mon cousin Edward, jeune recrue du service qui travaille avec lui. Il lui apprendra,  » par mégarde « , que j’ai laissé le collier dans la consigne numéro 35.

Quant à notre inspecteur principal, j’informerais Mr Etelby, l’un de ces informateurs officieux qu’il utilise régulièrement pour des affaires sensibles. Cet informateur ne communique qu’avec l’inspecteur principal. Sherzy pense que je ne suis pas au courant de ce… contact . Mais il n’en est rien. Pour ce faire je vais demandé à Tonio, un de mes informateurs italiens des docks de surveiller la consigne 71. Tonio étant de mèche avec Etelby et ayant la langue bien pendue, il parlera contre une petite somme d’argent. L’information remontra jusqu’à Sherzey. Si ce dernier est intègre, il sait qu’il peut me faire confiance et laissera ce qu’il croit être le collier dans la consigne en attendant que je rentre. Il mettra peut être un agent en civil pour la surveiller rien de plus. Par contre s’il travaille avec S. Il ira lui-même récupérer le collier et l’apportera à S.

Je ne serais pas rentré à temps pour finaliser mon plan c’est donc à vous, seule personne capable et digne de confiance sur place, de terminer une bonne fois pour toutes cette affaire. Parler au sergent Emerson. Il est digne de confiance et il pourra vous assister et se porter garant de votre sécurité. Il a avec lui quelques agents de police de confiance qui pourront également vous aider.

Ainsi une fois que le traître sera identifié, il suffira de la suivre et ainsi trouver le lieu où se cache S.

Je sais que cela est beaucoup vous demander, mais je sais aussi qu’une fois S arrêté votre frère sera en sécurité. Au vu de l’aide que vous m’avez apportée, je suis prêt à fermer les yeux sur ses infractions et lui laisser une chance. Après tout j’ai laissé partir un navire chargé d’arme et d’assassins…

J’espère que la nouvelle année commencera mieux que ne s’est terminé 1877.

Merci pour tout

Gordon

Les brouillards de Londres – e08

Londres, Angleterre, 25 décembre 1877 

Cher Gordon, 

Je me fais une joi_ de vous savoir en vie, et un sang d’encre d’imaginer notre meurtrier courant les rues de notre pays.  

Vous avez probablement eu vent de la nouvelle… Henry Brown a été retrouvé mort, la nuque brisée. Le coup a été porté par derrière, sans qu’il n’ait eu sans doute le temps de le voir venir, d’autant qu’il était passablement alcoolisé. La police de Scotland Yard n’a trouvé aucune trac_ de lutte, ce qui atteste qu’Henry Brown connaissait son agresseur et ne s’en est pas méfié. Il semblerait qu’il ait été assis devant son éternel grand verre de whisky et que son agresseur se soit installé un temps face à lui. Pour discuter, peut-être. Mais de quoi… ? 

On suppose que pendant la conversation, l’attaquant s’est levé et a contourné le pauvre Henry dont l’état d’ébriété devait commencer à lui faire oublier jusqu’à son nom, du moins à abandonn_r toute vigilance, si tant est qu’il eût pu un jour en faire preuve. Là, le meurtrier s’est emparé d’un chandelier qui devait reposer sur le meuble auquel Henry Brown tournait le dos. La force de frappe fut sans appel. Henry est mort sur le coup. 

C’est un_ bien triste fin pour ce malheureux bougre. 

En tout cas, retrouver S. est plus que jamais d’une urgence absolue, surtout que ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne s’aperçoive que le collier déposé à Hyde Park n’est pas celui que j’étais censée lui remettre. Qu’en dites-vous, Gordon ?! C’est une supercherie tout à fait parfaite, laiss_z-moi vous l’expliquer brièvement.  

Comme je vous le disais dans un précédent courrier, j’ai convié Lady Victoria Lamb à un dîner afin que nous puissions échanger au sujet de ces Grands Buffets organisés par L’inégalable Dame Fitzgerald.  

Ce moulin à parol_s qu’est Victoria Lamb n’a pu s’empêcher d’ouvrir la discussion avec une quantité invraisemblable de sujets divers qui ne se rapprochaient en rien des Grands Buffets trimestriels. Au terme de près d’une heure de monologue sur ses conquêt_s amoureuses, que j’ai subi péniblement, j’étais sur le point de l’interrompre enfin quand elle s’est mise à parler, avec toute la condescendance dont elle est farcie, d’un homm_ de famille modeste qui s’en est épris. Il lui contait des poèmes sans saveur et la couvrait de bijoux sans valeur. « Il disait que leur val_ur était celle de son amour pour moi, et qu’il y gravait ses initiales comme mon nom s’était inscrit sur son cœur », ironisait-elle avec dédain. L’homme en question, Gordon, se nomme Jack Low… Cela vous évoque-t-il quelque chose ? Exact ! Les initiales J-L, comme John Lampfert ! 

Inutile de préciser que je ne l’ai pas priée longtemps pour obtenir un collier de perles avec cette gravure. Elle en a sorti un de son sac et me l’a jeté sur la table comme on lance une pièce de viande avariée à un chien errant. Autant vous dire qu’il ne lui sera d’aucun manqu_ ! Par contre, à nous, il nous aura permis de gagner du temps… Car c’est ce très modeste bijou que j’ai placé dans la poubelle de Hyd_ Park.  

Il nous faut mettre la main sur S. au plus vite. D’abord parce qu’il va tôt ou tard flairer la supercherie, ensuite parce que nous avons un projet lugubre à faire avorter…  

C’est en _ffet le deuxième élément d’enquête que je souhaitais vous présenter : lorsque j’ai enfin pu aborder le sujet qui m’intéressait auprès de Lady Lamb, elle m’a révélé des choses de toute importance.  

Evidemment, Mortimer est arrivé en retard cette nuit du 13 au 14 novembre, ce qui confirme l’hypothèse selon laquell_ il était occupé à dérober le bijou chez Lord Huntington. Mais en plus, il s’est montré pour la première fois désintéressé du jeu du Pompkin qui est une activité très prisée des soirées mondaines où l’alcool coule à flots. Il s’agit d’un jeu de cartes consistant à tromper l’adversaire par des coups de bluff. D’après Victoria Lamb, la p_rformance de Lord Mortimer était remarquable et depuis trois ans il proposait des paris à ceux et celles qui pensaient pouvoir le défier. Il pariait des bijoux de grande valeur… Que ses adversaires perdaient évidemment au jeu, les uns après les autres.  

Voici pourquoi, mon cher ami, nous n’avons jamais eu d_ déclarations de vol dans la haute société. Dans ce monde d’orgueil et d’abondance, tous et toutes pariaient régulièrement leurs plus beaux atours dans l’arrogante certitude qu’ils pouvaient détrôner Mortimer au jeu du Pompkin. Mortimer, lui, surfait habilement sur cette maladie incurable propre aux grands bourgeois qu’est l’insatisfaction chronique de leurs désirs. 

Nous avons donc la confirmation éclatante que c’est Lord Mortimer qui gagnait les bijoux et devait les remettre à S. Il était une cibl_ de choix car il fréquentait les personnalités parmi les plus riches du pays et avait tout intérêt, comme vous l’avez découvert, à ce que son passé reste secr_t.  


Et enfin, Victoria Lamb m’a rapporté que l’année dernière à la même époque, Lord Huntington avait surpris une conversation étrange entre son ami Mortimer et un homme qu’il n’avait par ailleurs encore jamais vu lors des Grands Buff_ts précédents. C’était une soirée masquée où n’importe qui d’un peu audacieux aurait pu s’infiltrer. Comme à son habitude, Huntington s’était envoyé les trois-quarts du buffet et se retrouvait franchement plein. Il a tangué vers une large pièce jouxtant le salon principal, et a trébuché contre une grande malle dans laquelle il est tombé. Vous l’ignor_z sans doute, mais notre ami est connu pour son exceptionnelle petite taille. Ce qui, soit-dit-en passant, est préférable au vu de ce qu’il pourrait engloutir de plus s’il lui fallait nourrir un corps comme celui de feu Henry Brown. Bref. Huntington chute donc dans cette malle qui se ref_rme sur lui. Là, il s’endort, repu. Quelques temps après, il entend une conversation qui l’extirpe de son sommeil : d’après ce qu’en a r_tenu Lady Lamb à qui il s’est confié par la suite, Mortimer s’entretenait avec un homme à l’accent nettement colombien dont les paroles lui prêtaient une connaissance aigue des questions… d’armement. Oui, Gordon, d’armement.

Voici donc ce que j_ pense à présent : en novembre dernier, après trois ans de larcins détournés, S. avait désormais acquis ce qu’il lui fallait et il a exécuté Mortimer en pensant récupérer autrement le dernier collier. En l’espace de quelques années, dans la plus grande discrétion, notre meurtrier a amassé une somme suffisante pour mettre en action un plan machiavéliqu_ visant peut-être à financer un projet militaire inspiré du génie des mercenair_s colombiens dont il fait indéniablement partie.   

Et cette discrétion, comme vous le soupçonniez, n’a pu lui être garantie que par un complice à Scotland Yard… Malheureusement, je n’ai à ce jour aucune piste fiable et j’espère que vous m’aiderez à élucider cette partie de notre affaire. 

En somme, mon ami, un sinistre proj_t se prépare pour cette année 1878 et nous n’avons que peu de temps pour l’arrêter. 

En dépit du caractère sombre et inquiétant de ce nouveau courrier, permettez-moi cher Gordon de vous souhaiter un agréable Noël. 

El_na.